Riveraine victime de pesticides en zone viticole, Cécile témoigne.


J’habite à moins de 10m de vignes. Je constate des pulvérisations d’herbicide : 2 fois par mois. Et d’insecticide : 3 fois en juin et 1 en aout.
Une de mes ruches est morte et je me suis renseignée pour faire analyser son miel : la réponse est de 2500 à 5000 euros suivant quels pesticides je recherche; mais je n’ai pas besoin de cette analyse pour en être sûre : mes abeilles ont déserté la ruche en janvier, donc la seule raison qui peut les faire partir quand il fait 5 °C c’est la « folie », même la reine est partie ce qui est impossible ! Les néonicotinoïdes font perdre tous les repères des abeilles; si j’avais mal travaillé, elles seraient mortes dans la ruche.
Quand les pulvérisations sont faites je ressens des irritations et démangeaisons, des maux de tête, et une fatigue répétée.
Ce qui m’interpelle c’est de constater qu’un oncle viticulteur mort d’un cancer du poumon : pas de diagnostic associé, qu’un grand-père viticulteur mort de problèmes neurologiques : pas de diagnostic associé, qu’un autre grand père ex-salarié viticole était atteint d’une leucémie : traces de glyphosate et d’arsenite de sodium dans le sang, que ma mère a eu des problèmes thyroïdiens…
J’ai entamé des discussions avec les agriculteurs. Ils me répondent qu’ils n’ont pas le choix sinon ils sont trainés en justice, ils ont peur de perdre leur récolte s’ils ne traitent pas; j’ai appelé la DDPP pour ma ruche et la réponse est que je connais mal mon métier d’apicultrice, que les insecticides utilisés dans la vigne sont foudroyants et non pas des perturbateurs endocriniens, en gros ils ne protègent pas la population mais camouflent la vérité.
Madame Y