Riverain direct – Comportements irrespectueux de la santé et la propriété d’autrui

J’habite en bordure d’un grand champ en culture intensive (blé, maïs, colza), mais je ne m’attendais pas à subir tant d’agressions de ces activités riveraines. Ma maison est à 5m de la bordure de propriété, donc très proche du champ.

J’ai été contraint de mettre des piquets d’environ 2m de haut en bordure de propriété pour que le pulvérisateur ne passe plus sur ma propriété.
En effet, je constatais qu’avec l’immense bras de sa machine, l’agriculteur -ou plutôt l’épandeur car je ne l’ai jamais vu faire autre chose que épandre- était fort imprécis et empiétait sur plus de 1m sur ma propriété. L’herbe brulait (en partie) suite à ces passages.
Les piquets ont marqué la limite de propriété mais j’observe que cette personne s’applique toujours à passer ses produits (et à cultiver) au plus proche possible. Son engin passe à même pas 10cm de la clôture à certains endroits…

Lors de l’épandage des traitements solides (granulés rouges, blancs principalement), le fameux « épandeur » passe avec son quad ou son tracteur, de même, en limite de propriété. Sauf que les granulés sont projetés à au moins 15-20m de l’engin. Ce qui fait que nous nous prenons des granulés en pleine figure sans aucune considération. On entend le crépitement des granulés contre mon abri de jardin en métal…autant dire qu’on sait quand il passe ! Je retrouve des granulés jusqu’à environ la moitié de mon terrain, et en quantité ! J’ai pour l’instant toujours eu les fenêtres fermées lors de son passage autrement j’en aurais plein la maison…

Ceci n’est encore pas ce qui me dérange le plus. Les épandages sont très fréquents, parfois plusieurs fois par semaine. Le vent est régulièrement dans notre direction lors des traitements, et parfois à des intensités qui frisent à mon avis la légalité (on voit bien les branches des arbres se balancer en continu). Le fait que l’on soit dehors ou non n’y change rien. D’ailleurs il n’est pas rare que l’épandage se fasse le week-end en journée, quand les voisins avec leurs petits enfants sont dans la piscine… Obligés de se cloitrer pour le week-end… En été les épandages se font alors qu’il ne pleut et vente pas parfois une 10e de jours suivant le traitement. Ce qui fait que l’on hésite à ouvrir les fenêtres le soir malgré la chaleur. Parfois on craque et on ouvre quand même… Parfois on entend l’engin en pleine nuit et on ferme les fenêtres.

Certains produits sentent fort (odeur chimique, je ne parle pas de lisier), jusque dans la maison.

Je ne suis pas allergique mais développe de plus en plus un « rhume des foins », toujours après les traitements mais pas forcément après la moisson. Mon conjoint est allergique donc les mêmes symptômes en plus violent (yeux rouges, …).
Une fois, j’étais dehors lors de l’épandage et j’avais la gorge très irritée, mal de tête.

Enfin, le plus grave à mes yeux, nous avons observé un épandage en pleine journée lors de la floraison du colza. Ce dernier rempli d’abeilles s’est fait asperger de produits. Nous avons aussi constaté que l’agriculteur cultive et traite au plus proche (pour ne pas dire dessus) des bordures de forêts, alors que c’est précisément ici que se trouvent la majorité des fleurs mellifères. Il y a aussi beaucoup de sources dans la zone donc je n’imagine pas la qualité de l’eau…

Je déplore que l’on impose pas une distance d’épandage autour des limites de propriété. Et surtout je trouve scandaleux le manque d’information dont nous disposons : on ne sait même pas quels sont les produits que l’on nous force à respirer ! C’est un problème de santé publique.