Ma fille de 7 ans emportée par une leucémie

En septembre 2017, les médecins ont diagnostiqué à notre fille qui venait tout juste d’avoir 6 ans, une leucémie aiguë lymphoblastique. Nous vivons dans le Gers entoures de champs de maïs et de vignes ultra traités. Nous avons toujours cultivé et mangé bio, nous plantons des haies d’essences locales quand d’autres les détruisent et pourtant… notre fille a été exposée, malgré notre vigilance, trois fois de manière directe à des traitements de produits phytosanitaires et ce deux mois avant le diagnostic de sa maladie ( sur une plage d’un lac public, le paysan a jugé bon de traiter son champ à 5 m de la plage et les résidus se sont déposés sur l’eau du lac, chez sa grand-mère entourée de vignes et enfin à la maison à 20 mètres de chez nous)
Lorsqu’au début de son traitement nous avons demandé une analyse plus poussée pour déceler une quantité anormale de molécules de produits phytosanitaires, notre requête a été balayée d’un revers de main! Pendant deux ans notre fille a vécu un cauchemar avec tout ce que les effets secondaires des chimios peuvent induire (paralysie).
Et puis il y a aussi tous ces autres enfants et adolescents que l’on a rencontrés à l’hôpital et qui souffrent de cancers pédiatriques allant des leucémies de différents types au neuroblastome en passant par des cancers de la gorge… En discutant avec les parents nous nous rendions compte que, pour la majorité, nous vivions en milieu rural exposés aux traitements agricoles en tout genre.
Pour notre part, le milieu médical est resté très circonspect voire a éludé le sujet quant à la responsabilité des produits phytosanitaires dans la maladie de notre fille, qui n’était pourtant d’origine génétique.
Hier encore notre voisin de champs y allait de ses « bons produits » avec un vent supérieur à la réglementation pour l’épandage et sans cône de protection sur ses buses. Résultat: (film à l’appui) son traitement partait sur la route (domaine public) et sur les maisons riveraines et nous voyions son produit s’immiscer par les fenêtres ouvertes des voitures et des maisons. Le paysan lui, était bien installé dans sa cabine de tracteur et derrière son masque. Et nous, nous nous bunkerisions dans nos maisons car sinon qui nous aurait protégé?
Ces traitements, nous en avons vu au moins un par semaine sur chaque parcelle entourant notre propriété (certains distants de seulement 20m de notre habitation d’autres de 400m) depuis le mois de juin!
Il semblerait d’ailleurs que la préfecture de notre département n’a pris aucune mesure en ce qui concerne les distances réglementaires par rapport au lieu d’habitation en cas d’épandages de produits phytosanitaires.
Nous nous battrons nous aussi avec autant de vigueur que notre fille en avait, pour que l’on arrête de subventionner à coup d’argent public une agriculture criminelle servant les intérêts boursiers de grandes firmes fabricantes de poisons tuant impunément des milliers de personnes chaque année en France.
le 6/07/2019