Gêne respiratoire et stress sont notre quotidien

Notre demeure se trouve à environ cent mètres des premières grandes cultures de maïs et de blé. En l’espace de vingt ans, les prairies, bosquets, futaies et talus ont pratiquement tous disparus.
Nous sommes maintenant encerclés et n’avons plus d’obstacles naturels pour nous protéger des épandages massifs de pesticides, fumiers et lisiers quasi quotidien au printemps et à l’automne, et ce, quel que soit l’orientation et la force du vent.
En ces périodes, même s’il fait beau, obligation nous est faite de nous replier à l’intérieur ou de quitter les lieux, car sinon gêne respiratoire, irritations pharyngées et/ou nausées sont au programme, comme en atteste un certificat de notre médecin traitant. Le stress qui en résulte nous pourrit la vie. Nous craignons pour la santé de nos enfants et petits-enfants, qui sensibilisés par ce fléau, ne souhaitent pas reprendre la demeure familiale. Notre patrimoine est dévalorisé.
La suppression des quotas laitiers se traduit par une augmentation des cheptels et agrandissements des stabulations aux alentours. Plus d’animaux à nourrir entraîne un besoin supplémentaire de cultures céréalières, et donc davantage de pesticides pour les cultiver et plus de déjections à épandre avec leur cortège de nuisances olfactives et sanitaires néfastes pour notre santé.
Il est du devoir des riverains, témoins au jour le jour, de ces pratiques, de réagir, puis d’agir en informant les citoyens qui ne se sentent pas concernés, à prendre conscience des dangers des pesticides. Seul, le boycott des produits issus des filières d’agriculture intensives pourra permettre l’évolution vers des modes de production compatibles avec le maintien de la vie sur notre planète.