Eau potable en danger et que fait on de la bio ?

09/06/2017

Nous sommes en agriculture biologique, pas des agriculteurs non, nous sommes des paysans. Nous gérons de façon écologique 7.35Ha de prairies entretenues par des Highland cattle dans le fond d’une vallée où se trouvent … 2 captages d’eau potable. L’une de nos prairies, en bail de protection éloignée des captages se trouve enclavée entre 2 pièces travaillées par un agriculteur conventionnel. Après de la mono-culture de mais pendant des années, il effectue maintenant un assolement sur plusieurs années : blé, orge, lin, mais, tous étant gourmands en bioticides. Il a récemment labouré un chemin rural dont le maire se fiche totalement. Ce chemin ainsi que la bande enherbée nous « donnait » 10 mètres de répit avant le pulvé. Il épand maintenant au raz de la prairie qui est d’une grande richesse. Plus de 160 espèces végétales recensées dont certaines patrimoniales, présence du muscardin, de papillons peu courants… un petit joyau, une pelouse calcicole.
De l’autre côté, nous avons « condamné » une bande de 10m sur 80m pour faire une zone tampon avec plantation de haie. Il arrive à l’agriculteur de traiter quand nos vaches sont dans cette pâture et à défaut de regarder des trains, elles regardent …. le pulvé et sont soumises au brouillard sortant de cet oiseau de mort.
À certains endroits, nous sommes « protégés » par de grandes haies mais à d’autres la protection est bien sommaire !
La nappe phréatique s’étend sous toute la vallée et donc sous une grande partie de ces surfaces traitées. La protection rapprochée des captages est de 10m ! seulement ! à l’époque, tout était en herbages.
Il faut voir le pulvé danser autour du grillage, se rapprocher au plus près et….. balancer la sauce. Nous ne voyons pas les fréquences de passage, il lui arrive de traiter le dimanche aussi.
Traiter au dessus d’une nappe phréatique ! Mettre des poisons sur un sol, poisons qui se retrouveront inexorablement dans l’eau que boiront des populations entières !
À travers ce témoignage, 2 choses importantes se dégagent !
* L’immobilisme – de qui? – face à un problème de santé publique d’envergure !
* Les difficultés des « p’tits bios » face à un « gros » qui est du même ordre que celles rencontrées par les riverains…

Parmi les actions engagées, il y a eu des courriers en mairie, à l’agri, photos au SAGE, un ami beaucoup plus engagé pour la protection de l’eau effectue des courriers régulièrement dont photos à l’ONEMA pour débordement de traitement dans la zone rapprochée…

22/04/16